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Jacques de Closets, le "coiffeur des rockers et des yéyés" est décédé le 26 juillet 2009.


ok_stephane_jacquesCet artiste qui a fait la mode en coiffant les stars des années 60 et qui a exporté son savoir faire au Japon, attirait beaucoup par sa sympathie naturelle. J’ai eu le plaisir de l‘avoir au téléphone en mai dernier et il me disait savourer avec surprise les remerciements d’amis de 20, 30 voir 40 ans. Ils lui rappelaient une parole, une lettre ou un signe d’amitié que Jacques de Closets avait eu à leur égard et qui comme le chante Brassens dans ‘L’Auvergnat’…

Il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un feu de joie

Il parla aussi avec discrétion mais enthousiasme de Georges Moustaki, dont le plaisir de l’avoir coiffé et eu pour ami, ‘élevait l’âme’.

youtube

Pour retrouver son interview réalisée aimablement chez Yves de Closets, en novembre 2008 :

1ère partie 9’35 :

http://www.youtube.com/watch?v=6SfxGEwZzSI&feature=channel_page

2ème partie 9’28 :

http://www.youtube.com/watch?v=P6F_Hx2nsq0&feature=channel_page

3ème partie 9’28 :

http://www.youtube.com/watch?v=YKn66RAcmbc&feature=channel_page

 


- Communiqué de l’AFP -

02PARIS, 27 juil 2009 (AFP) - Le coiffeur Jacques de Closets, surnommé
le "coiffeur des rockers et des yéyés", célèbre dans les années 60 pour
sa technique de la "mèche-à-mèche" et ses colorations "flashy", est
mort à l'âge de 73 ans d'un arrêt cardiaque, dimanche à Paris, a-t-on
appris lundi auprès de son frère le journaliste François de Closets.
  
Installé près du Golf Drouot, Jacques de Closets a été de nombreuses
années le coiffeur attitré de Dick Rivers et des Chats sauvages, Vince
Taylor, Les Charlots, Antoine, Vic Laurens et les Vautours, mais aussi
Georges Moustaki, et Gene Vincent lors de ses passages à l'Olympia.
  
Créant successivement deux "salons-discothèques" à
Saint-Germain-des-Prés au milieu des années 60, le "coiffeur des
rockers et des yéyés" s'est rapidement distingué avec des coupes
avant-gardistes, participant aux bouleversements de l'époque.
 
 Officiant dans une ambiance psychédélique, sous des projecteurs
stroboscopiques, il est notamment à l'origine de la coupe
"mèche-à-mèche" (au rasoir, avec finition aux ciseaux) qui assure à la
coiffure une remise en place sans peigne.

"Jacques de Closets a marqué aussi la mode par des coupes de cheveux
mi-longs unisexes, inspirant Mick Jagger dès 1966", a dit à l'AFP
Jean-François Gontiès, ami de la famille.
  
Au début des années 80, Jacques de Closets avait été invité au Japon
et en Corée pour des démonstrations-exhibitions sur des musiques disco,
devant des centaines de spectateurs.
  
Dans un communiqué adressé à l'AFP, Pierre Martin, président de
l'Union professionnelle artisanale de la coiffure et de la fédération
nationale de la coiffure, a salué en Jacques de Closets "un grand
créateur qui a fait beaucoup pour la profession".
 
 jfg/sd/DS



-Hommage d’un ami -‘Shadows’-, paru dans les commentaires de l’article

'Jacques de Closets, coiffeur des rockers, un cœur et des doigts en or'

http://stephanesagas.canalblog.com/archives/2009/05/17/13755933.html

 


01Frère cadet du journaliste François de Closets et du créateur publicitaire Yves de Closets, le coiffeur Jacques de Closets est décédé d'une brutale crise cardiaque, dimanche 26 juillet 2009, au soir, à son domicile.

A l'origine ferronnier d'art, il était passé à la coiffure par hasard, pendant les permissions de son service militaire, pour coiffer Dick Rivers et ses Chats Sauvages à la demande de leur producteur Jean-Claude Camus qui ne trouvait pas de coiffeur capable de répondre à leurs attentes. Revenu à la vie civile, il décide d'en faire son métier et entre chez Jacques Régis, rue Taitbout (à 2 pas du Golf Drouot et de l'Olympia) et commence à coiffer des jeunes gens, qui deviennent des vedettes et continuent de se rendre au salon: on y verra les Chats Sauvages, parfois des Chaussettes Noires, Vince Taylor, Vic Laurens et ses Vautours, Dany Logan et les Pirates et bien d'autres dont Georges Moustaqui.

La promotion est assurée par le bouche à oreille du Golf Drouot, par le magazine de Rock "Disco-Revue"/"Les Rockers" (ancêtre de "Rock & Folk"), puis par la grande presse ("L'Aurore", "France-Soir", "Paris-Presse", "Paris-Jour" et même la chaîne unique de télévision). Jacques de Closets est même amené à coiffer des vedettes internationales comme le rocker Gene Vincent dans les coulisses de l'Olympia.

Ce qui fait l'originalité du système de Jacques de Closets, outre la fréquentation de son salon par des artistes à la mode et sa réponse aux attentes capillaires des jeunes, c'est qu'il adapte son expérience artistique de ferronnier au volume de la coupe de cheveux en imaginant la coupe "mèche à mèche" (au rasoir, avec une finition au ciseau) pour que la coiffure retombe en place jour après jour, tenant compte des particularités de la tête et de la plantation de chacun.

Il popularisera sa méthode de coupe par des leçons aux coiffeurs et par un ouvrage: "Nouvelle technique de coupe: le mèche à mèche". Jacques de Closets fait découvrir le chanteur Antoine par son ami le producteur Christian Fechner qui signe le chevelu chez Vogue en 1965.


Par la suite, il lui présente également les maquettes sonores de son frère Yves, auteur compositeur interprète. Christian Fechner engage alors Yves de Closets aux disques Vogue. De là, il participe très vite à la Rose d’or de la chanson française à Antibes en compagnie des trois Michel : Sardou, Polnaref et Delpech…Déjà à cette époque passionné de Bécaud, il continue jusqu'à aujourd'hui à le promouvoir avec un spectacle qu’il a créé : 'Hommage à Bécaud'

(www.hommageabecaud.fr) qu'il interprètera en novembre 2009 à Paris au Théâtre de la Grande Comédie, sous son nom d’artiste : ’Olivier Sorel’. Son frère Jacques était très attaché à cette réalisation qu’il suivait attentivement.

Antoine, l'auteur des "Elucubrations" marquera sa reconnaissance par une grande photo où on le voit, un peu inquiet, sous le peigne soufflant de Jacques de Closets, en pochette intérieure de son premier album. Bien entendu, ses musiciens, les ‘Problèmes’, devenus les Charlots, seront des fidèles du salon.

Jacques de Closets marquera également la mode des Seventies par des coupes de cheveux mis longs unisexes (inspirant Mick Jagger dès 1966) et par des choix de teintures audacieux très avant-gardistes mais non agressifs pour le cheveu car il maîtrisait la chimie tout autant que la théorie physique de la couleur. Il ouvrira successivement deux salons à St Germain des Près, rue de l'Odéon, puis rue du Sabot. Là, il officiait dans une cage de verre sous des projecteurs stroboscopiques, tandis qu'une caméra vidéo répercutait l'image sur des écrans en vitrine et provoquait des attroupements.

Les nuits étaient consacrées à coiffer des mannequins pour les prises de vue des plus grands photographes de mode.

Et, dès les années 1980, invité par le Japan Artistic Club, Jacques de Closets réalise de véritables shows au Japon où il colore et coiffe les cheveux de mannequins sur scène devant des milliers de spectateurs enthousiastes, sous un déluge de musique Pop, Disco ou psychédélique.

Au contraire de certains de ses collègues des Sixties, il se refusera à franchiser des salons de quartier ou à mettre sa griffe sur des produits commerciaux (shampoings ou autres). En semi retraite (d'où on le sortira pour coiffer à l'Olympia les anciennes stars de la tournée des Sixties), il était resté en contact avec nombre d'anciens clients dont d'anciennes vedettes comme Antoine, Danny Boy ou Vic Laurens qu'il allait soutenir quand ils se produisaient au "Petit Journal" à Montparnasse. Jacques de Closets était une figure incontournable de la culture du Rock des années 1960 en France, au même titre que son ami Henri Leproux animateur du Golf Drouot ou que son ami le producteur Jean-Claude Camus qui avait fait tourner Gene Vincent et Vince Taylor à ses débuts.

Shadows


Crédit photo : famille de Closets