FranckFranck est le chef d’une agence évènementielle : Imag’in sur Nantes. Cela apparaît après 30 ans de carrière, comme l’aboutissement de sa maturité pour un meilleur service au sein du monde du spectacle. Il met à profit la diversité des métiers par lesquels il est passé, pour catalyser les talents de beaucoup d’artistes donc ceux Sosyland…

Bonjour Franck, tu es aujourd’hui présent à la soirée où vont s’enchainer 2 vedettes : Bruno Julien et Johnny Star. Comment définis-tu ton travail ?

Je suis dans la production de spectacle, à la différence d’un agent artistique qui lui va mettre en relation un artiste et un client. Nous, l’on va produire un spectacle, le monter de toute pièce et le vendre aux particuliers et aux agents artistiques. C’est plus intéressant de le vendre aux agents artistiques…car cela se vend mieux…rires…

Depuis combien de temps es-tu dans le métier ?

Ohhhh, cela fait 30 ans que je suis dans le monde du spectacle. J’ai commencé comme meneur de revues, il y a très très longtemps, dans une revue music-hall. Après je me suis lancé dans un domaine tout à fait spécial qui est l’animation commerciale, tout simplement car j’avais des possibilités très intéressantes dans ce métier. J’ai bien gagné ma vie. Je ne peux pas dire le contraire. Après je me suis lancé dans la production de spectacles. J’ai organisé des soirées d’étés sur la Côte d’Azur avec des gens tels que Roucas, les Forban, le Groupe Image…ça a bien tourné. C’était les bonnes années. J’étais dans le Sud et ai tout arrêté pour raisons familiales et suis monté à Paris, où je suis resté 2 ans. J’ai tâté sur Paris le terrain pour voir ce qu’il y avait à faire. Ensuite, j’ai rencontré mon épouse, qui est nantaise et je suis arrivé à Nantes. J’ai voulu continuer le spectacle sur la région parisienne, où je tourne beaucoup, dans la production.

Je fais des spectacles pour enfants, qui était notre domaine de base, et qui tournent dans toute la France, avec une jauge moyenne de 900 à 2500 personnes. A force de travailler pour des grosses sociétés, on m’a demandé : « Qu’est-ce que vous faites pour les adultes ? ». Et j’ai dit : « On va faire ! ». Du coup, on travaille avec Bruno Julien entre autre. Nous allons créer une comédie musicale et également un spectacle de music-hall, où là on va se centrer sur le domaine adulte.

Quel sera le thème de ta comédie musicale ?

Années 80, les meilleures années ! Il ne faut pas oublier que le disco a été le Bal musette à nous. Il y a une histoire qui est en train de se monter, avec un hauteur qui se penche sur le canevas de l’histoire. Il y aura de la chanson et de la danse. On aura besoin de chanteuses et de danseuses. On aura besoin de beaucoup de monde.

Et puis, peut-être qu’on va lancer des plateaux d’artistes pour l’année prochaine. Entre autre Bruno, qui fait un spectacle très sympa qui est à découvrir !

Et je pense que l’on pourra mettre des sosies dans le spectacle. C’est à mettre au point. Pour nous c’est en gestation. J’essaye de voir ce qui va amener à voir ce spectacle.

En tant que producteur j’ai une licence de spectacles, qui nous permet de vendre des spectacles à des organisateurs. Ceci dit on le fait mais ce n’est pas notre but principal, qui est de créer un spectacle de toutes pièces.

Soit à la demande ce qui nous est arrivé 2 ou 3 fois, ou soit c’est nous même qui décidons d’un thème et qui après allons le proposer à des agents artistiques. Après ce sont les agents artistiques qui sont chargés de la vente du spectacle.

Ca nous fait gagner du temps. Car pour nous, créer un spectacle et le monter de toute pièce nous empêche de nous occuper de la vente. Et en plus, il y a des gens sur le terrain qui sont spécialisés et performants. Autant leur faire confiance, et leur confier la gestion du projet.

As-tu un site ?

Oui effectivement.

Tu as une équipe de combien de personnes ?

Nous sommes 3 permanents et 250 intermittents occasionnels. Donc on rayonne très très loin.

250, c’est à dire ?

il y a de tout : des magiciens, des imitateurs, des clowns, des sosies, des chanteuses et chanteurs, des danseuses et danseurs, des comédiens de théâtre, des cascadeurs. Et l’on met les compétences de chacun pour créer un nouveau spectacle. Ca permet pour un gars qui est magicien et qui fait un très beau spectacle, de se diversifier et d’intégrer notre troupe et participer à un spectacle. Dans son rôle, il fera de la magie. Ce sera quelque chose de complètement différent de ce qu’il fait habituellement. Voilà, c’est notre façon de faire.

Et tes 2 autres collègues sont associés ?

Non, artistes.

Comme toi ?

Oui.

Tu te considères comme artiste ?

Moi, avec le recul, je ne mène plus de revues, j’ai fais beaucoup de présentations. Quand nous étions en représentations avec Roucas, je présentais Roucas dans les spectacles, avec les Forban et le groupe Image. C’était des spectacles qu’on produisait, qu’on vendait et que je présentais. Maintenant avec l’expérience et l’âge, on se consacre on va dire…(réfléchis)…un peu plus responsable. C’est à dire que maintenant on va monter des spectacles et les vendre.

On va assumer toute la logistique du spectacle. Donc je me sens plus prenant dans cette notion, qui est la notion de régisseur producteur.

Quels sont les bons souvenirs que tu gardes de l’époque des Forban, de Roucas et du groupe Image ?

La fête !…rires…La fête ! Je trouve que cela s’est un peu perdu. C’est une ambiance qui s’est perdu. J’ai des très bons souvenirs avec Roucas. Où du début des balances l’après-midi jusqu’au soir, c’était de la rigolade. Et le spectacle c’était de la rigolade aussi. C’était des gens, que ce soit Roucas, les Forban ou le Groupe Image…des gens formidables !

As-tu encore des contacts avec eux ?

Plus tellement avec Roucas. Avec Image la dernière fois que je l’ai revu, c’était il y a une dizaine d’années. Et les Forban également.

Pour le grand public, ou tout au moins pour moi, pour le métier de meneur de revues, on imagine une femme, non ?

Et non ! Pour beaucoup ce sont les hommes, qui sur scène, dansent et présentent. Il fait l’animation de la revue de music-hall.

Avec quels sosies travailles-tu ?

Johnny Star. A chaque fois, entre le moment où il arrive pour le spectacle et il repart, il signe des autographes en permanence. Les gens savent qu’ils ne pourront jamais avoir l’original devant eux, on sait que c’est pratiquement impossible. Alors avoir le sosie c’est comme si on avait le vrai. Je suis surpris que les gens demandent autant d’autographes.

Pour Joël le sosie de Coluche, j’ai vu des dames dire : « C’est incroyable vous êtes revenus ». Tellement la symbiose avec l’artiste et le passé exceptionnel de Coluche est présente que pour eux, Coluche était là vivant, devant eux. J’ai toujours été surpris de cela.

Je travaille beaucoup aussi avec le sosie de Mylène Farmer, qui est une collègue que je connais depuis quelques années. Elle est de la région grenobloise comme moi. c’est une femme charmante qui s’est vraiment imprégné de Mylène Farmer. Donc sur scène, c’est Mylène Farmer. Quand on la voit on est subjugué par sa présence sur scène. Et ça c’est exceptionnelle.

C’est la beauté de Sosyland ! Que penses-tu du mot de Sosyland pour proposer au grand public l’idée que les sosies sont des artistes de talents ?

Quand quelqu’un décide, bien-sûr avec la ressemblance, de devenir artiste, j’en ai connu qui le faisait très mal et j’en ai connu qui le faisait très bien. Pour certain j’ai vraiment l’impression qu’ils se sont tellement imprégné du personnage, qu’ils sont devenus le personnage. C’est ce que je ressens.

Je prends le cas de Krystene qui est le sosie de Mylène Farmer, sur scène, c’est vraiment Mylène Farmer. Donc elle vit son personnage comme si elle était Mylène.

C’est ce que m’ont dit tous les sosies.

C’est ce que je ressens, car je suis assez critique sur les sosies. J’en ai connu qui étaient excellent et d’autres qui étaient moins bons. Ceux qui étaient moins bons, il le faisait plus par appât du gain. Par contre ceux qui étaient excellent le faisait par passion. Et là j’ai trouvé que c’était exceptionnel.

Que penses-tu du regard que porte le Show-bizz à l’égard des sosies ?

Moi je pense que le show-bizz devrait être content qu’il y ait de sosies, parce que quelque part c’est valoriser leur métier. Je pense qu’un article tel que Johnny, doit être fier de savoir que des gens sont imprimé de son personnage. Je pense, mais je ne sais pas. Mais je le souhaite. Je sais que certains artistes n’aiment pas être parodié soit sous forme vocale ou sous forme physique. Moi je trouve que c’est bien. Et cela permet d’avoir des artistes tel que Johnny Star ici ce soir, alors qu’on n’aurait pas pu avoir Johnny. C’est important.

Est-ce que tu connais Henri Giraud le sosie de Coluche qui a fait une comédie musicale ?

Je le connais de nom, j’ai eu des contacts téléphoniques avec lui, il y a pas très longtemps. Moi, je connais plus Joël puisqu’on a beaucoup travaillé ensemble et que nous avons des affinités. Il a une maison à Saumur et moi Nantes, pour nous c’est beaucoup plus facile au niveau du contact. Ceci dit, oui, pourquoi pas un jour rencontrer Henri Giraud. Et puis travailler avec lui. Mais je ne le connais pas personnellement. Je l’ai eu au téléphone, mais ce n’est pas allé plus loin.

Comment as-tu vécu d’être meneur de revues ?

C’est exceptionnel ! Là encore, c’était l’esprit de la fête. C’était dans les années fin 75/76. c’était la fête que j’ai un peu retrouver dans les tournées d’étés avec Jean Roucas, Image et les Forban. Cette impression de fête, j’ai l’impression maintenant avec le recul, que c’est un peu perdu. Je pense que les gens sont un peu plus frileux et moins amené à faire la fête. Ce qui est bien dommage d’ailleurs.

Est-ce que tu penses que dans ces cas là, Patrick Sébastien est un bon animateur de la fête ?

Je pense…oui !

J’ai vu son sosie par exemple, sur son site internet, je suis impressionné par le sens de la fête qu’il développe et du fait qu’il fasse participer très volontiers le public.

David Bastien, c’est çà ? Je ne connais pas David Bastien, mais je pense que c’est très bien.

Patrick Sébastien a l’avantage d’être rentré dans les chaumières. Lui cet esprit de fête, il l’a encore, que l’on retrouve dans ses émissions. C’est mon analyse. Peut-être qu’elle est fausse, mais en 30 ans de métier, j’ai bien vu la différence. J’ai connu des grandes fêtes où il y avait de 3 à 6000 personnes. Maintenant c’est devenu beaucoup plus délicat. Et puis il y a le problème d’organisation et de responsabilités. Les organisateurs sont soumis à tellement de pressions administratives, sécuritaires et de responsabilités, que les gens ont tendance à dire : « On fait pas, et puis tant pis ! ».

J’espère que cela va changer dans le futur. Je le souhaite pour tous les artistes qui travaillent. Sinon, il n’y aura plus rien, et la télé tuera tout. Des enfants actuellement regardent des émissions qui n’ont aucuns intérêts. Ca fait un peu peur quand même. La culture du spectacle s’est perdu. Quand on regarde des émissions de téléréalité.…pour moi, ce ne sont pas des émissions de variétés, mais des plagiats d’émissions de variétés, où on essaye de faire chanter des gens qui ne savent pas chanter. Et en plus on vote. On oblige les gamins à voter pour des émissions qui franchement amènent plus d’argent aux télés, qui vont promouvoir des petits jeunes qui se croient propulser au rang de vedettariat et qui vont se retrouver après quelques années de télé à la rue. C’est un peu dommage. Le vrai coté artistique a disparu.

Dans ce cas là, tu veux dire que l’artiste est quelqu’un qui se fait au fil des années sur 5 ans, 10 ans, qui mange de la vache enragée…

Pour moi, un artiste qui commence par des petites salles, où il y aura 3, 4 personnes, où il va se faire siffler, en prendre plein la figure. Mais il va s’endurcir et il va apprendre le métier. Ca c’est le vrai métier d’artiste.

J’ai eu le plaisir de rencontrer le sosie Marcel Azna, sosie de Charles Aznavour, qui disait qu’il a commencé à chanter dans un restaurant, avec les moules/frites qui lui passaient sous le nez. Et c’est comme ça qu’il a appris le métier, disait-il.

C’est comme ça qu’on apprend le métier et surtout on apprend à forger son caractère, parce que le métier du spectacle est un métier très dur où vous êtes très facilement critiqué. Et les gens qui vous critiquent vont vous critiquer pour vous faire mal, parce que vous faites un métier qu’eux auraient peut-être voulu faire et qu’ils n’auront jamais la possibilité de faire. Donc la critique est très très dure. Mais ceci dit la critique est toujours constructive. Alors vous avez raté une salle, ça vous donne de l’énergie après pour essayer de faire mieux et de trouver ce qui n’allait pas. C’est pour évoluer dans le bon sens. Et on se remet en question et c’est ça qui est le plus important. Ca vous évite de faire des émissions de téléréalité. Le public est conquis d’avance, et ceux qui disent que c’est très bien, c’est plus pour faire de la télé réalité avec des rentrées d’argent par les votes que pour nous dire : « Et bien, non, tu as très mal chanté ». J’ai vu des jeunes propulsés dans ces émissions qui pour moi ne chantaient pas. Ils étaient là pour faire de la figuration. Et ça c’est très dommage.

Quelles sont les qualités nécessaires à un artiste ?

La persévérance ! C’est tout, y a pas d’autres choses à dire. Et du talent aussi, c’est le plus important.

Retrouvez Imag’in sur le web : www.imag-in-spectacle.com

Je te remercie et te souhaites tous mes voeux pour Imag’in !